ようこそ YÔKOSO!

ようこそ YÔKOSO! Bienvenue!
Voici le blog que j'ai créé lorsque j'ai appris que j'étais mutée, pour 1 an, au Japon. Je le complète au fur et à mesure de mes découvertes sur le pays, thème par thème, ville par ville. Bonne lecture!

Mon ancienne adresse (juste pour mon souvenir personnel): Kyoto Apartement 2, 89-2, Room 204, Tanaka Ooicho, Sakyoku, Kyoto 606-8202

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lundi 28 février 2011

Japan Rail Tour 2011 - Etape 10: Tokyo Ter - 東京

Ce matin nous nous levons à 3h00 du matin :?! Nous avons rendez-vous avec les poissons du célèbre Marché de Tsukiji!

Habillées, toilettées, 30 min plus tard, nous sortons de l'hôtel. Il fait nuit noire, il pleut. Nous devons trouver un taxi mais Flo me fait remarquer:

- Ce n'est pas un taxi, juste là, au coin de l'hôtel?
- Mais oui! Wouah! S'te chance!

On s'approche, on hèle le chauffeur, mais celui-ci nous fait signe de patienter un peu. Le taxi est en fait encore occupé par un homme à moitié allongé sur la banquette arrière. On dirait qu'il essaye de payer, mais visiblement il n'y arrive pas tellement il est bourré!

Le chauffeur est obligé de sortir et de faire le tour de son taxi pour aller lui prendre les billets des mains, il s'excuse de nous faire attendre (petite courbette), puis extirpe tant bien que mal, l'homme du taxi. Sur le trottoir, l'homme chancelle, manque de justesse de s'emplâtrer dans le mur en face de lui et termine son chemin dans les buissons! Comment avons-nous fait pour ne pas rire? Franchement, je ne sais pas, c'était tellement hilarant! On se serait cru dans un film...

Enfin... Cette anecdote passée, nous voici en route pour Tsukiji.

Nous arrivons sur place vers 3h45, parfait! Nous ne sommes pas les 1eres, mais il n'y a que 4 personnes devant nous, donc, c'est presque pareil. On nous donne nos petits sésames "N°5" et "N°6".

Ils ne font rentrer que les 140 premières personnes, qu'ils partagent en 2 groupes de 70 personnes. Le 1er groupe peut assister aux enchères de 5h00 à 5h30 et le 2e groupe de 5h30 à 6h00. Après, c'est fini, plus personne ne peut entrer. Nous ferons donc partie du 1er groupe.

Comme il pleut, ils nous ouvrent les portes de la salle d'attente plus tôt que prévu, nous remettent un magnifique gilet jaune fluo (orange pour le 2e groupe) et nous montrent une vidéo sur le marché et son histoire.

5h00, c'est l'heure d'entrer dans la salle des enchères. Flo est impatiente.

Comme la dernière fois, il y a des thons un peu partout. Leur queue est entaillée pour que les "acheteurs" puissent observer et goûter la chair afin de déterminer la qualité de chaque poisson. Je guette le début de l'enchère car maintenant, je sais exactement comment ça se passe et où les commissaires priseurs se placent pour lancer la vente...



Un touriste chinois franchi le cordon du périmètre autorisé pour aller prendre les thons de plus près. Quel idiot! Je l'aurais bouffé!

C'est à cause de débiles en son genre que le marché avait provisoirement été fermé aux touristes, car justement, certains visiteurs se promenaient dans les allées, gênaient le travail des pêcheurs et allaient même jusqu'à toucher les poissons hors de prix.

Et le pire c'est qu'il ne s'est pas contenté de le faire qu'une fois! Non. Monsieur a recommencé sa comédie 3, 4, 5 fois! Je vous jure, un vrai "co*****"!

Soudain, j'aperçois un homme qui retourne un petit tabouret en bois, une cloche à la main. C'est le signal! Je fais signe à Flo. Les enchères vont commencer!


Ah là là, quelle ambiance! Avez-vous remarqué les petits signes que les "acheteurs" font avec leurs mains?

En quelques secondes, plusieurs palettes de thons sont vendues.

Soudains, les cloches retentissent une seconde fois! C'est la première fois que ça m'arrive, ça. D'habitude quand c'est fini, c'est fini, mais là visiblement ils vont reprendre les ventes. En même temps, c'est vrai que ça m'avait paru beaucoup plus court que la fois précédente...

Nous profitons à nouveau de cette ambiance si particulière.

Puis, cette fois-ci, on nous fait signe de se diriger vers la sortie. 5h40, nous passons du côté du marché aux poissons proprement dit.

Les thons, vendus quelques minutes plus tôt, arrivent sur les étals des premiers grossistes. Nous apercevons un monstrosaure que son acquéreur s'apprête à débiter en plusieurs pièces.

La bête est tellement grosse, qu'ils sont obligés de s'y mettre à 3 dessus! Visez un peu la taille du couteau (sabre?) sur la 3e image: il traverse la bête de part en part...


Nous continuons de déambuler dans les allées du marché. On y trouve de tout, des crustacés, des mollusques, des poissons en tous genres.


Ici, un poisson-trompette. Je ne savais même pas que ça existait, avant de venir à ce marché pour la première fois en automne dernier. Et là: de la baleine, eh oui... c'est mal.


Après cette petite promenade matinale, rien de tel qu'un petit déjeuner pris dans une des petites échoppes du marché. Le poisson venant direct des stands, on peut difficilement trouver plus frais!



Alors Floflo, les sushi le matin, c'est pas si pire, non? ^^

Après quelques heures passées au marché, nous avons rendez-vous à 10h00 avec Totoro!

Et le mot "rendez-vous" n'est pas du tout un jeu de mot. Pour pouvoir visiter le Musée des Studios Ghibli, il faut non seulement choisir une date, mais aussi l'heure à laquelle on souhaite visiter le Musée: 10h, 12h, 14h ou 16h. Le tout pour 1000Y/pers. Et si vous ne vous êtes pas présenté à l'heure dite, votre billet n'est plus valable et vous ne pouvez plus entrer.

Pour être franche, je ne sais pas si c'est vrai, mais je n'essayerais pas de jouer avec la précision japonaise, car je suis presque sûre qu'on finit perdant.

Nous voici donc en route pour Mitaka. Ah oui, parce que j'ai oublié de préciser que le Musée de Totoro ne se trouve pas dans Tokyo mais à 20min environ de métro par la Chuo/Sobu JR Line.

Lorsque nous arrivons à Mitaka, il y a un monde fou dans la gare et chose rare au Japon: nous nous faisons bousculer pour descendre de notre rame. Les gens ne nous laissent pas descendre avant de monter. C'est très étrange, car ce n'est pas du tout dans leurs habitudes. Une fois dans le hall de la gare, c'est carrément un marrée humaine. Mais que se passe-t-il? Les gens regardent les panneaux d'affichage, courent dans tous les sens, et s'énervent... Oo ??!

Et petit à petit nous comprenons. Il n'y a plus de train! Plus aucun train n'arrive, ni ne part. Nous avons eu un bol monstre. Il y a visiblement un problème, accident? panne? Quelque chose en tous cas qui fait que plus rien ne se passe. Et le problème c'est qu'à Tokyo, ils sont des millions et quand les trains ne passent plus, les gens s'accumulent dans les gares à une vitesse folle!

Nous quittons ce capharnaüm et prenons la navette pour le musée. Nous aurions pu marcher, mais il pleut des cordes et au Japon, quand il pleut, ça ne rigole pas.

A l'entrée du Musée, un Totoro géant attend les visiteurs dans un petit guichet en carton-pâte. N'est-ce pas la photo idéale? Avec un parapluie et même pas pour faire semblant! ^^




A l'intérieur du Musée, l'attraction principale est incontestablement la salle de cinéma où sont projetés des courts métrages inédits d'Hayao Miyazaki et qui changent régulièrement. Ce jour là, nous avons vu: Mr dough and the egg princess (pas mal du tout).

Mais juste avant ce court-métrage ils nous ont montré des extraits d'autres films dont un qui avait l'air encore mieux et tout le monde semble unanime sur le net, c'est: Chū-Zumō. Une histoire de petites souris qui font du Sumo. Ça avait l'air vraiment génial. Et après quelques recherches sur le net, j'ai appris qu'ils l'avaient projeté jusqu'au 28 février, or nous y sommes allées le 29! Pas de bol...


Au 1er étage, ils ont recréé les ateliers de travail d'Hayao Miyazaki. Les photos étaient interdites, mais bon, sans faire exprès (si si je vous assure), j'ai appuyé sur le bouton dans ma poche et ça a donné ça:



C'était vraiment la partie la plus "intéressante" du Musée, parce que le reste était
franchement minable.

Et surtout rien n'était traduit! Pas une seule traduction en anglais, rien! Même pas les titres des objets, des tableaux ou des salles, quedal! Franchement, on a trouvé ça limite honteux parce que je suis presque sûre que 50% des visiteurs au moins sont étrangers... Et puis 1000Yens l'entrée, quand même! Presque 10€, comme le Louvre! Sauf, qu'on ne parle pas du même standing! Et pas une seule traduction???

Vous l'aurez compris, j'ai été grandement déçue par ce musée.

Et je pense qu'il doit aussi être décevant pour les enfants, parce qu'en dehors de la salle du Chat-Bus où ils peuvent grimper et sauter sur un chat-bus géant, le reste n'est pas aussi ludique que ce qui est annoncé...

C'est le Musée Ghibli des studios Ghibli, ok. Mais alors où sont les salles qui montrent comment on passe du dessin sur papier au film d'animation sur écran? Où sont les salles où les décors auraient été recréés pour que les enfants puissent s'y perdre? Où sont les salles qui parlent de la vie des réalisateurs, de leur enfance à leur renommée, d'Hayao Miyazaki, certes, mais aussi des AUTRES? Où sont les salles qui parlent de chaque film? Et non uniquement de celui qui est projeté dans la salle du rez de chaussée???

Notre visite a duré 50min montre en main, sachant que le film durait 15min à lui tout seul. Je vous laisse faire le calcul...

Non, vraiment, pour moi, ce musée n'est pas encore au point. Et j'ai du mal à comprendre que des gens veuillent y retourner plusieurs fois...

Bref, notre visite terminée, nous sommes retournées au centre ville, nous mettre à l'abri dans la Suncity d'Ikebukuro. Vu le temps dehors, nous n'avons pas eu vraiment le choix.

Il s'agit d'un grand centre commercial sur plusieurs étages. Ça permet de passer l'après midi au sec, de manger si ce n'est pas déjà fait et de faire du shopping pour passer le temps. C'est aussi une bonne occasion pour se faire un petit festival de franponais avec toutes les enseignes! ;-)

Puis ce fut l'heure de retourner à l'auberge chercher les sacs et de rejoindre la gare pour notre train de nuit...

vendredi 25 février 2011

Japan Rail Tour 2011 - Etape 8: Kushiro - 釧路市

Dernière journée à Kushiro. Nous nous levons de bonne heure pour aller au marché aux poissons. D'après le guide, ce serait le 2e plus grand marché aux poissons du Japon après celui de Tsukiji à Tokyo. Nous sommes donc grandement intriguées...

Comme nous ne savons absolument pas où il se trouve en ville, nous retournons voir notre copine de l'office du tourisme. Elle nous entoure un bâtiment sur la carte tout près de la gare et pas du tout près du port. On se demande si elle a bien compris notre question? En sortant, par sécurité, on redemande à quelqu'un qui nous répond exactement la même chose. Étrange... un marché aux poissons en plein centre-ville??? Ma foi... pourquoi pas.

Lorsque nous arrivons au dit bâtiment, il y a bien des stands de vente de poissons, mais c'est tellement petit par rapport à ce que l'on s'était imaginé qu'on commence à se demander s'il n'y aurait pas en fait deux marchés aux poissons différents? Genre un en ville et un plus gros au port? Pour le moment, on décide de profiter de celui-là et de faire l'autre après.

Même s'il est plus petit que celui de Tsukiji, bien sur, l'ambiance est là. Enfin, "une" ambiance. Une ambiance différente. Ici, pas de bolides motorisés qui déboulent de tous les côtés. Mais des marchants qui s'affairent. Il y a des poissons et des crustacés de toutes sortes.




Il y a même de la baleine!!! (A droite, à 200Y les 100g)


Mais on sent bien qu'on est au royaume du crabe et de l'araignée de mer! Ce sont les produits phares de la région. Y en a partout, des vivants, des ébouillantés, de la chair prête à l'emploi, etc...

On descend les allées une par une. On repasse même devant plusieurs d'entre-elles. Il y a des choses qui ont l'air appétissantes et d'autres beaucoup moins...


Eurk! Des abats de poissons! :-/

Les marchands semblent ravis de voir 2 touristes! On est bien les seules d'ailleurs. On sent que l'hiver c'est la saison morte pour le tourisme étranger.

Au Japon, qui dit "marché aux poissons" dit possibilité de "manger sur place" du poisson frais, pêché dans la nuit. Hum!!! Bien sur, il ne fallait pas laisser passer une telle occasion!

Floflo, n'est pas très chaude, voire pas du tout d'ailleurs, car pour nous, c'est le petit déjeuner... Je suis donc la seule à me lancer avec 2 tranches de sashimi (saumon et thon). C'est une tuerie tellement c'est bon! Ça fond littéralement dans la bouche! Hum...

Floflo résiste. Elle préfère attendre midi. Nous partons donc à la recherche du 2e marché aux poissons. Nous descendons jusqu'au port et entrons dans un grand bâtiment duquel beaucoup de gens sortent avec des sacs plastiques. Ça sent le marché à plein nez...

Et là, surprise! C'est bien un marché, mais un marché de tout (poissons, viandes, légumes, souvenirs, etc...) et encore plus petit que le premier! Nous sommes blasées... On traverse les allées manière de dire "voilà, on l'a fait" et hop, on retourne dard dard au 1er.

Surtout que depuis, le temps de descendre au port et de revenir, nous approchons maintenant de midi! J'en connais une qui va passer à table avec du poisson cru, qu'elle le veuille ou non! ^^

Nous voici donc parties pour acheter notre petit bol de riz à un stand, puis nos sashimi de poisson cru à un autre. J'avais repéré une petite dame toute "cute" à notre premier passage, et c'est à elle que je veux acheter mon poisson.



Nous choisissons, 2 saumons différents, 2 thons différents et 2 poissons blancs différents (dont nous ignorons le nom, hélas). Et bien sur, comme tout à l'heure, c'est un délice!!! Ah là là... même Floflo est obligée de le reconnaitre. Par gourmandise, j'en aurais bien repris un peu, surtout que niveau prix était plus que raisonnable (ça faisait le sushi à 1€!), mais bon, il fallait rester raisonnable.

Notre déjeuner de la mer avalé, nous rentrons à l'auberge, car nous avons notre train pour Tokyo, en fin d'après-midi. Mais nous décidons de descendre un arrêt plus tôt et de marcher entre les deux arrêts. La neige a beaucoup fondu et comme ça nous profiterons du Parc National encore un peu.

Au début nous marchons sur la route, mais celle-ci semble partir dans une direction complètement opposée à celle que nous voulons prendre, mince!

Floflo propose alors quelque chose de complètement fou: "Puisque nous voulons aller à l'arrêt d'après, suivons les rails"!

Nous serions en France, cela ne m'aurait pas posé de problème, je pense. Mais là, nous étions au Japon, pays où on respecte les règles et où on ne sort pas des clous... et en plus, nous étions dans un Parc National constitué à 90% de marécage! Et pour couronner le tout, nous avions un train à prendre à la fin et nous ne savions absolument pas combien de temps ça allait nous prendre de marcher jusqu'à l'autre gare.

A priori, le mini-train n'allait vraiment pas vite: 40-50km/h, quelque chose comme ça. Et vu qu'il mettait ½ heure pour relier Toro à Kushiro (6 arrêts sur le trajet) et que nous, on voulait juste rejoindre les 2 derniers arrêts entre eux, on s'est dit que ça devait être faisable en 1h ou 2h...

C'était prendre un gros risque. Mais je reconnais que suivre la route, c'était prendre un risque encore plus grand. Car au moins en suivant les rails nous étions sûres d'arriver à destination à un moment donné. On s'est donc lancées...

Au début, il n'y avait pas trop de neige, car nous traversions une zone où elle avait bien fondu. Le moral était bon, le soleil faisait quelques apparitions et on croisait des biches de temps à autre. On écoutait attentivement au loin pour anticiper l'arrivée d'un train...


C'était amusant parce qu'au début j'avais sans arrêt l'impression d'en entendre un arriver! Mais y avait un hélicoptère qui tournait au dessus du parc et il m'empêchait d'écouter correctement. Pff... foutu hélico! Il nous a pas lâché d'une semelle en plus le bougre! Je suis sûre qu'il nous avait repérées et qu'il nous surveillait... De temps en temps il s'éloignait un peu, mais il repassait tout le temps au dessus de nous.

Et puis à un moment donné, n'y a plus eu de doute, on ne pouvait pas se tromper, hélico ou pas hélico, ce bruit là, c'était le bruit d'un train. Et un train qui arrivait vite! Punaise quand on est à pieds, on n'a plus du tout les mêmes repères! On a juste eu le temps de sauter dans le fossé et de dégainer l'appareil photo (ben oui, j'allais pas rater ça, ha, ha)! Il nous a lancé un coup de sifflet, histoire de nous dire "je vous ai vu, espèces de folles", quelques passagers nous ont salué de la main, et pouf, c'était fini. Il était déjà loin. Pfiou! Que d'émotions! ^^

Nous nous sommes alors remises en route, mais la couche de neige s'épaississait de plus en plus et ça devenait de plus en plus dur d'avancer. En quelques minutes, mes pieds se sont retrouvés trempés et je n'avais pas de sacs plastiques sur moi! Impossible de mettre la célèbre "technique du sac plastique" à profit (cf: Les Aventures de Juju, Florent et Thi rem à Nagano)! Heureusement, il ne faisait pas encore trop froid, ça allait...

"Tu as l'heure, Floflo?" "Oui, il est 14h et quelques..." "WHAT??!! Ça fait déjà 1h qu'on marche??? Mais on ne va jamais y arriver à ce rythme là!"

Je pensais sans cesse à ce train que nous devions prendre après. On n'avait pas le droit à l'erreur. Ça compromettrait tout le reste de notre voyage, sinon.

Le stress commençait à monter et le fait d'avoir les pieds trempés n'arrangeait pas les choses. Le soleil déclinait de plus en plus, du coup la température tombait aussi doucement, le temps passait, et on n'avait toujours l'impression d'être loin du but... En plus, marcher de lattes en lattes, c'est particulièrement pénible. Floflo, avait déjà suivi une voie ferrée en montant au Machu Pichu (pff veinarde!) et elle nous avait déjà dit qu'elle avait eu cette désagréable sensation. Ça se confirmait donc: marcher sur les voies, c'est chiant! Surtout quand les espaces entre les lattes sont irréguliers. Et alors les lattes enneigées, c'est encore pire!

Bref, vous l'aurez compris, le moral chutait en flèche. Enfin moi surtout. Peut-être parce qu'étant l'ainée, je me sentais responsable de nous deux et responsable d'avoir accepter de faire quelque chose qu'on arriverait peut-être pas à faire au final. Du coup, je pestais contre moi-même. "On est folles d'avoir fait ça. S'il faut, ça va nous prendre 4h et on va louper le train!" En plus j'avais les pieds trempés et je commençais à avoir froid. "Pff... on est vraiment inconscientes. C'est pas comme si on était dans une région où il ne fait pas froid, non... on est juste à Hokkaido!!! Et à Hokkaido en plein hiver!!!" Inconscientes, nous étions parfaitement inconscientes!

Mais Floflo, devant, tenait bon. Elle essayait de me rassurer et de me motiver: "Allez Juju! On y est presque! Ça ne peut plus être bien loin de toute façon. Regarde comme c'est beau quand le soleil revient!"

Peut-être que ça la rassurait aussi de faire ça... mais en tous cas, heureusement qu'elle le faisait. Parce que ça me faisait culpabiliser de perdre le moral alors que, elle, le gardait. Et quand je culpabilise, ça me motive! Donc ça fonctionnait! :)

Et au bout de 2h30 de marche sur nos foutues traverses de chemin de fer, nous apercevions enfin la cabane en bois de la gare de Toro! Yeeesssss!!!!! Enfin!!!!

Ah là, là, j'y croyais plus... :'-(

Et finalement, d'avoir pesté sur plus de la moitié du trajet, ça m'a rendu l'arrivée encore plus appréciable lol!

Il était donc maintenant 15h30 environ et nous avions notre train à 19h00. Ce qui nous laissait encore 3h et quelques, pour se doucher, finir les sacs et reprendre le mini-train pour rejoindre la gare...

Nous retournons à l'auberge (où nous étions supposées avoir "checké out" le matin): personne. Nos sacs sont toujours dans la chambre. Les lits n'ont pas été, ni faits, ni défaits. Rien n'a bougé.

On a très envie d'aller se détendre au "Furo", vu la longue marche épuisante que nous venons de faire, mais le truc, c'est qu'on n'est pas supposé pouvoir l'utiliser, puisque nous avons "checké out". Mais comme il n'y a personne, nous craquons...

Aaaahhh que c'est booooooonn!!! :-)

Ni vu ni connu, nous retournons dans la chambre finir les sacs. Au bout de quelques minutes, on toque à la porte:

"You staying tonight?" "Ah no no no... Gomennasai... Sorry... we are waiting for our train" :o)

Ah là là, quelle rigolade! Le truc, c'est qu'il faut s'imaginer une petite dame toute douce, toute gentille, mais complètement empotée aussi. Enfin, empotée n'est pas le bon terme non plus, je ne saurais pas vraiment dire... mais bref, on savait qu'on avait abusé d'utiliser le furo, mais d'un autre côté, elle nous avait imposé beaucoup d'horaires pénibles tout le temps de notre séjour (3 nuits), et du coup, on ne culpabilisait pas beaucoup de cet abus... c'est mal je sais, mais bon, voilà quoi.

Bref, vers 18h, nous avons pris une dernière fois notre mini-train...


Et à 19h07, nous embarquions pour Tokyo...